Autour d'Ecuras. Journal d'Histoire locale, monuments, folklore.
Par Mme Fils Dumas-Delage. ISSN : 1153-0014. Tous droits réservés

No 10, Décembre 1991

 

- JEAN FAURE ET LA VALLADE A ROUSSINES -

 

  Il est,dans la paroisse de Roussines, un petit village, la Vallade, qui connut, au Moyen-Age et à la Renaissance, un passé glorieux. C’est là que se dressait le château-fort des seigneurs de Roussines, ainsi que nombre de maisons nobles. Du château-fort ne subsistent que d’infimes ruines sur une hauteur; quant aux divers logis nobles, ils se laissent deviner, de loin en loin, sous des aménagements modernes ou dans la ruine, par des fenêtres à embrasures chanfreinées, parfois à meneaux, et par des portes cintrées ; la plupart de ces restes sont marqués de divers styles : très peu de gothique, nettement plus de Renaissance, des traces de néo-classique.

 

 

L’une de ces maisons est dite celle de Jean Faure. Elle a conservé des traces d’architecture de la Renaissance : appuis de fenêtre, jolie porte cintrée avec une clé au milieu du linteau, mais dans son ensemble, cette demeure a beaucoup perdu de son aspect d’origine, ne serait- ce que son toit très 19ème s., à cause de restaurations successives, tardives et nombreuses. Ce logis qui semble postérieur de trois siècles au moins à l’époque de Jean Faure, a fort bien pu succéder à la maison du 13ème s.

Qui était ce Jean Faure auquel la tradition populaire attache encore ce logis ?

Il s’agit d’un personnage lettré et illustre qui parvint, par son seul talent, au 14ème s., à des dignités honorifiques.

Jean Faure naquit dans la seconde partie du l3ème s. dans ce village de la Vallade. La petite cour des seigneurs de Houssines fut favorable à l’éclosion de ses talents.

Il devint Docteur es-Lois et fut l’un des plus fameux avocats de son siècle.

Sa carrière politique fut aussi brillante que sa carrière de lettré. Le grand jurisconsulte devint Chancelier et Garde des Sceaux du roi.

Par ailleurs, on le considère comme l’un des hommes les plus érudits du 14ème s. Il produisit son oeuvre littéraire dans la première moitié dé ce siècle.

 

Il écrivit, tout particulièrement, un "Commentaires des Institutes de Justinien", qui fut imprimé à Venise en 1488, après sa mort.

Il mourut à Angoulême en 1340, et fut enterré dans le cloître des Dominicains, où l’on pouvait encore voir son épitaphe en 1562.

Il était, paraît-il, représenté assis dans une chaire, et portant la tenue des Docteurs.

Sources :

- "Département de la Charente; dictionnaire historique et géographique" par F. Marvaud. chez Rés Universis. 1991.

- "Géographie historique et communale de la Charente" par J. Martin-Buchey. Librairie Bruno Sépulchre.

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