Autour d'Ecuras. Journal d'Histoire locale, monuments, folklore.
Par Mme Fils Dumas-Delage. ISSN : 1153-0014. Tous droits réservés

No 11, Février 1992

- LE GISANT DE L'EGLISE DE MONTBRON -

 

L'église Saint-Maurice de Montbron possède de frappants monuments funéraires dont les inscriptions sont intéressantes du point de vue épigraphique, mais qui nous touchent surtout par leurs qualités monumentales.

Le mur sud contient des enfeus dont le plus important abrite un gisant. C'était contre ce mur que s'appuyait l'un des côtés du cloître. Ce gisant est celui d'un seigneur de Montbron, un certain Robert, mort en 1209. Il était autrefois accompagné d'un bas-relief représentant le Christ assis, entouré de deux anges. Aujourd'hui le bas- relief a disparu, et le gisant est gravement endommagé, usé jusqu'à paraître poli, les jambes brisées et absentes.
En 1892, le marquis de Fayolle notait, dans sa description du gisant, que son épaule gauche, préservée des mutilations du temps et des hommes, présentait encore les traces de la sculpture d'une armure.
Il repose sur une dalle ornée d'une draperie retombant en plis réguliers, que supportent trois courtes colonnettes aux chapiteaux plats. L'archivolte qui surmonte le gisant et réserve le volume de l'enfeu est ornée de lobes identiques à ceux de la porte de l'église.

Une inscription aujourd'hui disparue, livrée en 1844 par l'abbé Michon, donnait le nom du personnage ainsi que la date 1209.

XK OCTOBRIS OBIIT R DE MOTEBULFI
ANNO AB INCARNATIONE MCCIX

Il faut en rapprocher l'épitaphe d'une dame Jeanne, qui serait peut-être la femme de ce Robert de Montbron. En voici le texte :

Xre tuo manna pasquatur domna Joann
Curans hoc legere dicat Ds huic miserere.

Cette épitaphe se trouve dans la même arcade que celle de la famille BORREL, qui ne se peut voir de l'extérieur, car elle est prise dans la sacristie, toujours sur le mur sud de l'église. Cette sépulture des Borrel date du 13ème s.
Il existe un autre enfeu, visible proche du gisant de Robert de Montbron, datant de la même époque : c'est celui de la famille CAILLE DE LA MOTTE. Cette autre tombe du 13ème s., tout comme celle des Borrel, est composée de petites arcades en plein cintre entre lesquelles sont gravées des inscriptions.

Famille Borrel :
Hic requiescunt Audoinus Borrelli et Philippa uxor sua, Robertus, Helias, Bertrandus, Audoinus, Aldebertus, Petronilla et Joanna qui obiit anno domini MCCXL.

Famille Caille de La Motte :
Hic requicit Petrus Robberti Calla de la Mota et filii ajus Petrus Calla et Geraldus Robberti. Requiescant in pace.

Sources : - Montbron en Angoumois. M. Denis édité chez Paton à Troyes en 1976.
- Les églises de Charente. Jean George édité chez Letouzey à
Paris 1933.

 

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