Autour d'Ecuras. Journal d'Histoire locale, monuments, folklore.
Par Mme Fils Dumas-Delage. ISSN : 1153-0014. Tous droits réservés

No 15, Octobre 1992

- FEUILLADE - LE CHATEAU DE BELLEVILLE -

 

Près de l'église de Feuillade, nous pouvons remarquer le plaisant château de Belleville. Seule, une grosse tour ronde de quelque ancienneté demeure, bien que très restaurée à la fin du 19ème s. Quant au château lui-même, il a, au cours du temps, subi tant de restaurations et de modifications, que nous n'en tenterons pas le descriptif.

  Ce château était le chef d'une grosse seigneurie, relevant de l'évêché d'Angoulême. Au Moyen-Age il appartenait aux Vigier.
Les Vigier d'Angoumois avaient pour armes "d'azur à trois fasces d'argent" (Brémont d'Ars).
L'ampleur de ce fief de Belleville si l'on s'en réfère à un hommage, rendu le 2 août 1396 par Agnès Salomon, veuve de Jean Vigier nous apparaît. Cette seigneurie comptait alors un maine vieux, près de l'église de Feuillade, un maine neuf, où résidait Agnès Salomon, les maînes de La Bergerie, des Combes, de Lommarie, Gai, de La Barrière, du Fraisse, de La Somerie, des Coffres; le mas des Canaux, de Guillaume de La Croix et du Colombier; la léproserie de Feuillade; une portion des dîmes de cette paroisse; une vigne de 7 journaux, la garenne de Bois-Picard, ses jardins et vignes de Chambronnac etc...

Jean Hélie de Colonges, le très fortuné prieur de Bussière-Badil, obtint du roi de Navarre, le 25 septembre 1515, la permission de bâtir une maison forte à Feuillade et il acheta le fief de Belleville en 1514. Cependant, on cherche en vain un autre château que Belleville à Feuillade. Il est alors probable que le prieur utilisa sa permission de 1510 pour donner des fortifications à Belleville, soit qu'il eût acheté le château avant 1514, et que ses achats ne concernent que les dépendances du château, soit encore qu'il n'eût pas utilisé son autorisation avant d'avoir acquis le château. Nous pouvons supposer que c'est lui qui donna àcette seigneurie le nom de Belleville, d'après un autre fief de Belleville que le prieur possédait à Bussière-Badil.

Les Hélie de Colonges ont pour armes :
"d'azur à trois tours d'argent" (de Froidefond).

A la mort de Jean Hélie de Colonges, ce fut sa nièce, Marguerite Hélie de Colonges, qui hérita du fief de Belleville. Elle épousa Jean Morin et leur fille, Favienne, porta Belleville aux de Roffignac.

 
 

Favienne Morin de Belleville épousa Gaspard de Roffignac (première moitié du 17ème s.) Cette famille de vieille et puissante noblesse limousine conserva Belleville jusqu'à la fin du 19ème s.
Les de Roffignac ont pour armes:
"d'or au lion de gueules, armé et lampassé de même". (armorial limousin).

A la fin du 18ème s. René Annibal de Roffignac épousa Marie-Madeleine Van Tongeren, héritière fortunée d'une grosse famille de papetiers flamands d'Angoulême. Leur fille, Elisabeth nous laissa des Mémoires. Elle y évoqua la vie qu'elle mena pendant la révolution de 1789. En secondes noces, elle épousa Jean de Vassoigne de La Bréchinie (Grassac). Nous avons mentionné ce point dans notre N°14 à propos du château de La Bréchinie, ainsi que dans "Un fait divers sous la Terreur" paraissant dans ce même N°.

A la fin du 19ème s.: Belleville était possédé par la famille Lévy.
Au 20ème s.: les de Roussel de Préville possèdent Belleville.

Sources:
la baronnie de Marthon par l'abbé Mondon.

 

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