Autour d'Ecuras. Journal d'Histoire locale, monuments, folklore.
Par Mme Fils Dumas-Delage. ISSN : 1153-0014. Tous droits réservés

No 15, Octobre 1992

- UN DEMENT INCENDIAIRE A MARSAC (EYMOUTHIERS) -

Voici une pétition émanant du maire d'Eymouthiers, et adressée au citoyen commissaire du pouvoir exécutif du canton de Montbron, le 25 brumaire an VI (1797), concernant la démence d'un certain MILHOMME résidant au hameau de Marsac.

 

"Le 25 brumaire an 6ème de la république, d'après les plaintes réitérées de la part de plusieurs habitants du hameau de Marsac, commune d'Eymouthiers, contre le nommé MILHOMME, lequel ils m'ont dénoncé comme atteint de folie, et dont la conduite et les propos qu' il tient journellement leur donnent de vives inquiétudes sur le danger qu'ils sont dans le cas d'être exposés, et tout présentement par les citoyens PEVRIER LAGRANGE, PIERRE LABROUSSE et FRANCOISE RICARD, ses plus proches voisins. Je me suis, en conséquence de ces nouvelles dénonciations, qui m'ont paru plus graves que les précédentes, transporté au dit hameau de Marsac, pour prendre de plus amples informations des autres habitants, pour en faire ensuite le rapport au Citoyen commissaire du pouvoir exécutif près le canton de Montbron. Où étant dans la maison du citoyen LALANDE DUREPAIRE, lequel a confirmé tout ce qui m'avait été dénoncé par les citoyens dénommés et a signé sa déclaration.

Signé: Durepaire.

Ainsi que LEONARD RICARD, mari de FRANCOISE RICARD ci-dessus, qui a aussi dénoncé le dit citoyen MILHOMME comme atteint de folie, et nous a déclaré que le dénoncé avait fait un feu considérable chez lui qui aurait brûlé sa maison si les voisins n'étaient accouru pour l'éteindre, et en outre, il fait des menaces d'incendier les bâtiments de ses voisins, et a signé sa déclaration.

Signé: Ricard.

Le citoyen RENE RICARD nous a fait les mêmes déclarations et a signé.

Signé : René Ricard.

 

Le citoyen LAGRANGE FEVRIER ci-dessus mentionné a aussi signé et m'a répété les mêmes déclarations que celles contenues dans sa lettre.

Signé: Février Lagrange.

Ensuite, JEAN LABROUSSE, PIERRE PLASER et LEONARD DUPUY m'ont fait les mêmes rapports que les autres et n'ont signé pour ne savoir.

La femme du dénoncé comme fou m'a également déclaré chez moi ainsi que le frère de son mari, que le dit Milhomme , mari et frère, était atteint de folie et qu'ils étaient convaincus du danger qu il y avait à courir d'habiter avec lui, et qu'en conséquence, elle, sa femme, avait pris le parti de se retirer avec sa famille chez ses parents.

D'après ces déclarations, il n'est que trop certain que le nommé Milhomme est réellement dérangé, et que cette infirmité lui est très nuisible, et à sa famille, que les craintes qu'éprouvent ses voisins ne sont que trop bien fondées. En conséquence, pour obéir aux voeux des habitants de Marsac, et m'acquitter des obligations que me prescrit ma place d'agent municipal, je vous dénonce le dit citoyen Milhomme comme fou, et attesté tel par ses propres voisins, afin que vous preniez dans votre sagesse, les moyens les plus sûrs pour 1' empêcher de nuire, ni à sa femme, ni à ses propriétés, qui sont bien minces, ni à la société.
Fait à Marsac le jour, mois et an que dessus.

Signé : Durousseau Lagrange".

 

Ce document nous paraît assez explicite pour qu'il soit inutile d'en faire la paraphrase. Nous ne connaissons pas l'issue de cette plainte officielle, car nous ont manqué tous les documents qui apportaient une conclusion à l'affaire.

Sources: Document d'archives privées.

 

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