Autour d'Ecuras. Journal d'Histoire locale, monuments, folklore.
Par Mme Fils Dumas-Delage. ISSN : 1153-0014. Tous droits réservés

No 16, Décembre 1992

- AUTRE TOMBEAU DE LA FAMILLE DE CHAMBES LES CIMETIERES VILHONNEUR -

 

Aux alentours des l0ème et llème s. le sanctuaire de Vilhonneur possédait son cimetière autour de l'église. L'église fut ensuite reconstruite au 12ème s. et le mausolée du chevalier de Chambes fut, au milieu du 13ème S. placé contre le chevet de l'église. Cette donnée atteste de la vie de cet ancien cimetière au Moyen-Age.

C'est jusqu'à la fin du 17ème s. que ce cimetière reçut les morts de la paroisse. Par ailleurs, le sol de l'église était pavé de nombreuses dalles funéraires, plus ou moins anonymes, car être enterré dans le sanctuaire même était considéré comme une faveur religieuse.

Un édit royal du 15 mai 1776 interdit ces inhumations à l'intérieur des églises. L'ancien cimetière qui, à la suite des arides années du 17ème s. où la peste avait sévi d'une manière endémique, particulièrement au cours des années 1627-28 (à la suite du siège de La Rochelle) puis des années 1629 et 30, s'avéra insuffisant pour contenir tant de morts.

A partir de la fin du 17ème s. et du début du 18ème s. on enterra dans le cimetière actuel, alors appelé "grand cimetière", tandis que quelques familles continuaient de faire enterrer leurs morts dans le "cimetière proche de l'église", ainsi que dans l'église elle-même, malgré l'interdit du décret royal. Peu à peu, l'ancien cimetière fut délaissé.

En 1868-69, A. Trémeau de Rochebrune, qui a laissé une description aussi fiable du mausolée de Pierre II de Chambes, a également décrit un autre tombeau, encore en place dans le vieux cimetière de Vilhonneur.

 

Celui-ci était comparable à ceux que l'on pouvait alors encore voir à Pranzac. La dalle funéraire présentait une forme hexagonale, mesurait lm80 de long, le dessus 28 cm de large, les pans coupés 32cm et les côtés 30cm de hauteur. Sa hauteur totale atteignait 55om. De nouveau, citons Trémeau de Rochebrune : "Le dessus, les deux extrémités, un côté et un des pans coupés seuls sont sculptés.

Le dessus présente dans son milieu une croix pattée inscrite dans un cercle; de chaque côté sont trois fleurs de lys séparées par des bandes en pal (verticales) composées d'échiquiers, dans lesquels sont sculptés en relief des fleurons à huit divisions.

Les deux extrémités du pan coupé sont ornées des mêmes fleurons à huit divisions et de deux arcatures plein cintre supportées par des colonnettes, l'espace laissé libre par cette ornementation est rempli par quatre écus en pointe, portant chacun trois fleurs de lys; en dessous et à esté, on voit aussi un semi de fleurs de lys.
Le côté, portant deux bandes de fleurons, comme sur les faces précédentes, est orné de deux bandes d'arcatures romanes superposées, portées par des colonnettes, et au nombre de trente.
Quatre arcatures semblables se remarquent au bout correspondant aux pieds, ainsi que deux fleurons au-dessus; l'extrémité répondant à la tête, indépendamment de ces ornements, porte une croix pattée et emmanchée".

Si nous comparons cette dalle funéraire à celle de Pierre II de Chambes, nous pouvons noter des éléments de ressemblance : présence des fleurons, et surtout des fleurs de lys qui, tout comme celles de la cotte d'armes du chevalier, ont exactement la même forme typique du 13ème S. Sur ces deux monuments, ces fleurs de lys sont celles des armes des de Chambes.

Par ailleurs, l'existence de deux pierres tombales si proches à Vilhonneur même, nous permet d'avancer que cette dernière tombe appartenait à un autre membre de la famille de Chambes, au 13ème S.

Dans le cimetière actuel, il existait, à la fin du 19ème s. deux pierres tombales retaillées quelques siècles plus tard. On y voyait encore des sculptures d'arcatures romanes et des fleurons à huit partitions. Elles servaient de dalles funéraires à des habitants de Vilhonneur. L'emplacement de l'ancien cimetière qui entourait l'église au Moyen-Age, avait encore conservé à la fin du 19ème s. des fragments de dalles funéraires; l'on avait mime utilisé certaine d'entre elles pour procéder à une restauration de l'abside de l'église, peu de temps avant 1868.

Sources :

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