Autour d'Ecuras. Journal d'Histoire locale, monuments, folklore.
Par Mme Fils Dumas-Delage. ISSN : 1153-0014. Tous droits réservés

No 16, Décembre 1992

- LE TOMBEAU DU CHEVALIER DE CHAMBES -

 

  Un mausolée aujourd'hui disparu, placé derrière le chevet de l'église Saint-Pierre de Vilhonneur, abritait le tombeau du chevalier Pierre II de Chambes. Ce seigneur de Vilhonneur était mort dans son château en 1256. Ce château, fortement restauré à la Renaissance est toujours debout, tout proche de l'église. Le gisant du chevalier, très mutilé, se trouve actuellement au musée de la Société Archéologique de la Charente, après que B. Senemaud l'ait fait transporter en 1862 au musée Archéologique d'Angoulême. C'est certainement Trémeau de Rochebrune, historien du 19ème s. qui, en 1868-69 nous donna la description la plus réaliste et la plus fiable du mausolée du chevalier de Chambes, ou de Jambes. Sa description comporte un intérêt extrême en elle-même, et permettra de dater et d'identifier une superbe dalle funéraire dont nous présentons une photographie et un dessin. Citons llhîstorien au lieu de le paraphraser: "Malgré les mutilations qu'elle a éprouvées, la pierre tombale du chevalier Pierre de Chambes mesure lm70 de long sur 0m70 de large; la statue, dont les bras et les jambes ont disparu, offre une longueur de lm30; son relief maximum est de om25* Le chevalier est couché sur le dos; la tête repose sur un coussin.

Les dégradations de cette partie ne nous permettent pas d'être aussi affirmatîf que M. l'abbé Michon (Statistique Monumentale de la Charente) et de son copiste M. P. Marvaud (Répub. Archéol.) et de dire qu'elle est casquée. Les bras devaient être repliés sur la poitrine, dl après les faibles traces qui l'indiquent; il est vêtu de la cotte dl armes semée de fleurs de lys seulement à la partie inférieure, c'est à dire à partir des courroies qui soutiennent l'épée..."

Les pièces honorables du blason de la famille de Chambes, l'une des plus anciennes familles chevaleresques de l'angoumois sont d'azur à fleurs de lys d'argent.

Le long de son flanc gauche, est demeurée déchiffrable sa longue épée à deux tranchants, retenue par un ceinturon double.

Nous avons comparé les descriptions de l'abbé Michon avec celles de Trémeau de Rochebrune, et n'y voyons guère de différences notables, si ce n'est que pour l'avoir attentivement examiné personnellement, nous ne voyons pas trace de casque sur le chef de la statue, et que, c'est avec la plus grande incertitude que l'on peut conclure à la présence d'un coussin. La seule certitude qui s'impose, c'est que le gisant fut plusieurs fois mutilé, et sans doute à diverses époques, en particulier lors des guerres anglaises et des guerres de religion.

Une inscription encore bien lisible court sur quatre registres, occupant tout le côté gauche de la pierre tombale du chevalier. Nous en présentons le dessin reproduit par Trémeau de Rochebrune. (BSAHS-1868 69/2).

Monseigneur Fougerat, Consulteur de la Secrétairerie du Vatican en a donné la traduction suivante :
"Celui qui est nommé Pierre de Jambes a été porté en terre : s'il te plaît, 0 Christ, et s'il te plaît, 0 Vierge très pieuse, que le passant demande au Christ que son âme repose en paix et ne connaisse pas les abîmes de l'enfer. Amen".

A l'issue de transactions qui paraissent assez obscures, le tombeau du chevalier de Chambes passe du musée Archéologique d'Angoulême dans celui de la Société Archéologique; une plaque de marbre noir portant l'inscription commémorative est inaugurée à l'intérieur de l'église en juin 1880.

sources :

- Procès-verbal des séances de la S.A.H. de la Charente Bull. 1862, tome 1V, 3ème série, page 190.

- A. Trémeau de Rochebrune. Bull. S.A.H. de la Charente 1868-69.

- M. Denis. Montbron en Angoumois. Tome I

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