Autour d'Ecuras. Journal d'Histoire locale, monuments, folklore.
Par Mme Fils Dumas-Delage. ISSN : 1153-0014. Tous droits réservés

No 1, Janvier 1990

- LE PRIEURE - CURE D'ECURAS ET SON EGLISE SAINT - ETIENNE -

 

Lorsque l'on traverse le charmant bourg d'Ecuras, rien de remarquable n'accroche un premier regard sur l'église. Sans doute est-elle agréable, mais il faut y pénétrer, la contourner pour la situer dans son histoire.

A sa droite, un grand portail donne accès à l'enceinte incomplète de l'ancien presbytère (19ème) et de tout un ensemble de dépendances diverses beaucoup plus anciennes.

C'est que nous sommes en face des restes d'un complexe prieural d'une importance considérable dont l'église était le coeur et dont nous devons brosser un historique succint afin d'entreprendre une étude descriptive et historique de l'église et du prieuré lui-même.

LE PRIEURE - CURE D'ECURAS

 

La paroisse d'Ecuras faisait partie de l'Archiprêtré d'Orgedeuil du diocèse d'Angoulême, et avait droit au nom particulier de Prieuré-curé.

Les prieurés regroupent des religieux vivant en communauté sous la responsabilité d'un prieur et dépendant d'une abbaye mère. Ce ne fut jamais le cas d'Ecuras.. Primitivement, l'église dut être fondée par une abbaye ou fut remise par l'évêque à une abbaye, en l'occurrence Notre-Dame de Salles (Les Salles Lavauguyon). Celle-ci envoya un desservant pour prendre en charge la paroisse sous le titre de Prieur-Curé, dès le début du Moyen-Âge (11ème siècle).

L'abbaye de Salles a donc nommé les curés pendant un certain temps mais à la suite d'événements que nous ignorons, elle abandonna cette prérogative à l'évêque d'Angoulême, toujours au Moyen-Age, avant la Guerre de Cent Ans.

Le Curé-Prieur (il conserva le titre) vivait à côté de l'église ; le prieuré qui devait être "fourni" par les habitants était généralement une demeure fort modeste en Angoumois. Ce n'était pas le cas ici, car celui-ci était vaste et bien fourni, avec de belles dépendances. C'est que le curé n'était pas à la portion congrue (traitement fixe et à peine suffisant qu'un prêtre recevait de ses supérieurs) mais "décimateur", c'est à dire qu'il recevait l'impôt dû par la population pour l'entretien des prêtres et de l'église. Ainsi, le curé d'Ecuras devait assurer les travaux nécessaires pour le choeur de l'église, s'occuper de son mobilier, des autels et des ornements, tandis que les paroissiens se chargaient de la nef.

Ecuras, paroisse peuplée de 1500 habitants en 1789, rapportait alors 3600 livres par an pour environ 400 livres de C'était donc une cure très bien pourvue dont le prêtre innamovible. Il pouvait rester jusqu'à sa mort ou résigner son bénéfice sous réserve d'une pension ; le ou les vicaires appelés à officier sous ses ordres étaient nommés et révoqués par lui.

LES CURES

Les noms des curés successifs avant le 17ème siècle ne sont pas parvenus jusqu'à nous.. La liste est complète à partir de Clément Lainé qui, simple clerc, fut nommé en 1629 et quitta Ecuras pour devenir Doyen du Chapitre de la Rochefoucauld en 1661; il ne résigna sa charge qu'en 1665 en faveur d'un parent , Claude Lainé, qui resta jusqu'en 1672.

Louis Carat qui vient ensuite, était issu d'une famille Montbron. Il ne resta que deux ans et partit à Saint-Paul de Pranzac, en résignant sa charge au suivant sous réserve de 140 livres.

Annet Joumard Tizon d'Argence fut le plus important Prieur-Curé d'Ecuras, d'abord parce qu'il y resta presque 60 ans, de 1674 à février 1732, et aussi parcequ'il était issu d'une des familles de la noblesse la plus ancienne et la plus puissante de l'Angoumois. Il était le fils du seigneur de Dirac et de Marie Des Cars. Ecuyer, son blason portait d'or à deux pals ondés de sinople.

Docteur en théologie, Chanoine de Saint-Pierre d'Angoulême, Prieur de Châteauneuf, supérieur des Carmélites d'Angoulême et des Dames de la Charité de Montbron, ses multiples charges l'obligeaient assez souvent à déléguer ses fonctions à de simples curés, à un vicaire-régent. Mais il résidait assez fréquemment au prieuré (de nombreux actes notariés le disent habitant Ecuras) pour le faire transformer et embellir.

TROIS PRETRES POUR UNE CHARGE :

La cure d'Ecuras étant très bien pourvue et encore améliorée après le long règne de Messire d'Argence, devint fort recherchée.

Le nouveau curé qui s'y installa le 14 mars 1732, Louis Blanchon, qui venait de Champniers, avait déjà eu un compétiteur en la personne de Jean Labrousse, Profès de la Couronne (Abbaye de la Couronne à Angoulême). Quand il mourut en 1753, la "bataille pour Ecuras" reprit de plus belle.

Trois prêtres étaient en compétition : l'un était représenté par le Prieur de Salles qui voulait retrouver le droit de nomination possédé par l'abbaye au Moyen-Age ; une autre abbaye, celle de Saint Amand de Boixe prétendait, on ne sait pourquoi, au même droit par la voix de Messire André de Saluces, son abbé commanditaire. Celui-ci proposait Jean Mouton, Chanoine régulier de Sainte Geneviève et Prieur de l'Abbaye de la Couronne.

Enfin, l'Evêque d'Angoulême, Monseigneur François du Verdier, nomma et imposa son candidat François Jolly qui venait de Chèvres. Ce nouveau prêtre entrera en fonction le 25 mars 1753 et restera curé jusqu' au 9 mai 1786, date à laquelle il résignera son bénéfice en faveur de Pierre Peyraud qui était son vicaire depuis 1770 sous réserve d'une rente de 1 200 livres.

L'EPOQUE REVOLUTIONNAIRE

Pierre Peyraud prend son ministère à un bien mauvais moment. Pasteur d'Ecuras pendant l'époque révolutionnaire, il croira d'abord aux "Temps Nouveaux" et prêtera sans difficulté le Serment Constitutionnel en compagnie de son jeune vicaire Pierre de Villemandy, ordonné prêtre en 1788.

François Jolly qui vivait toujours au prieuré avec son successeur, jurera à son tour; mais âgé et impotent, il le fera dans sa chambre. Le même serment passe-partout servit pour tous les trois et fut prêté à la suite du décret de l'Assemblée Nationale du 27 novembre 1790.

En effet, ils jurèrent de "veiller sur les fidèles de la paroisse confiée à leurs soins, d'être fidèles à la Nation, à la Loi et au Roi, et de maintenir de tout leur pouvoir la Constitution décrétée par l'Assemblée Nationale et acceptée par le Roi."

Ceci se passa le dimanche 9 janvier 1791, "à neuf heures du matin, en l'église de la commune et paroisse d'Ecuras, à l'issue de la messe et en présence du Conseil Général de la commune et des fidèles assemblés."

Par la suite, Pierre Peyraud se rétractera et préférera se retirer en 1793 dans son village natal de Lanville. Mais dès que la Terreur fut passée, en 1795, il revint dans sa paroisse et reprit clandestinement son ministère en attendant de pouvoir le faire officiellement le 25 juin 1803. Il restera jusqu'en 1819, laissant le souvenir d'un prêtre croyant, intègre, courageux, fidèle envers et contre tout à l'Eglise catholique, apostolique et romaine.

 

 

L'EGLISE SAINT - ETIENNE. DESCRIPTIF ET HISTORIQUE

L'église du prieuré date du 11ème siècle. Elle a conservé tous les éléments de son plan initial : la nef centrale, le choeur en cul de four, la croisée du transept avec les deux sacristies actuelles, voûtées en berceau d'origine. Elle a subit des dommages considérables au cours des guerres anglaises et a été restaurée et agrandie au début du 15ème siècle, de deux bas-côtés à deux travées avec des voûtes en ogives.

De nouveau, elle subit des dommages au cours des guerres de religions, comme toutes les églises de la province : clocher détruit, voûtes effondrées. Les réparations durèrent longtemps, la voûte de pierre de la nef centrale, en berceau, fut remplacée par des plafonds de bois et, en 1604, les syndics d'Ecuras donnaient décharge à Maître Alain Dumousseau, entrepreneur à Angoulême, qui avait bien voulu se charger des travaux au rabais pour 210 livres.

Les fenêtres furent aussi refaites et la nef surmontée d'une voûte en brique sans doubleaux. Elle est séparée des bas-côtés par trois arcades posées sur des colonnes trapues.

Le transept du 11ème siècle a son carré encadré par de grands arcs doubleaux sur colonnes et dosserets. Il est surmonté comme les croisillons dépourvus d'absidioles (actuelles sacristies) d'un berceau brisé très accentué.

L'abside, de même époque, semi-circulaire, recouverte d'une voûte en cul de four brisé, est éclairée de trois ouvertures également romanes.

La grande porte, percée en plein cintre, a été reconstruite au 19ème siècle, de même que le clocher couvert d'ardoise. Le maquillage de la façade date de la même époque.

Extérieurement, on peut voir une petite porte donnant sur la nef d'origine, sur la droite de celle-ci, juste en avant du niveau ou les deux travées latérales ont été rajoutées au début du 15ème siècle. Elle est actuellement murée, située à un mètre au-dessus du sol actuel. Elle a conservé sa dernière marche d'accès, fort usée, et son linteau, légèrement cintré, est surmonté d'une belle pierre sculptée. On peut y voir une cordelette enroulée en cercle formant six boucles. Datée de 1690, elle porte en outre le monograme JS.

S'il reste peu de mobilier ancien dans l'église, il est de qualité, tant par sa richesse que par son époque, celle de l'opulence de Tizon d'Argence : fin 17ème, début 18ème siècle, en dépit de 1'iconoclastie révolutionnaire et de certaines entreprises de modernisation récentes.

 

Enumérons rapidement ce mobilier :
- deux superbes claustras de chêne qui isolent les deux bras du transept (sacristie) de sa croisée; panneaux moulurés à la base, surmontés de balustres tournées, incluant chacune une petite porte de même facture.
- un remarquable Christ de grande taille : bois sculpté, polychromie d'origine intacte. Placé actuellement au fond du choeur, il a été recrucifié sur une croix moderne qui n'a rien à voir avec la croix d'origine. Il faisait face à la chaire.
- la chaire a disparu ; elle fut démolie et mise au rebut. Seul en subsiste un morceau que Madame Fils a pu récupérer. Il s'agit d'un de ses flancs : il est galbé, richement sculpté, avec une épaisse mouluration, un décor de rinceaux et des traces de polychromie, datable du 17ème siècle.
- le maître autel (19ème siècle) a été remplacé par trois dalles de pierre formant une espèce de table moderne. Tout ce travail date des années 70.
- un remarquable meuble de cerisier, en deux parties, actuellement enfermé dans l'une des sacristies. Il est du plus pur style Louis XIII et date du 17ème siècle. Ce n'est pas un meuble de sacristie mais un meuble d'usage courant. Sa facture nous laisse donc à penser qu'il provient du mobilier du prieuré lui-même. On pouvait encore l'admirer il y a moins de deux ans dans la sacristie de droite laissée ouverte.
- trois paires de chandeliers baroques relégués dans un coin de la sacristie de droite. En bois sculpté, stuqués et dorés à la feuille, ils sont d'une belle facture et leur état de conservation relativement bon leur garde une indiscutable valeur.

Au début du 19ème siècle, l'église a de nouveau besoin de réparations, et vers 1850, le curé fait ajouter une tribune sous le clocher (jolies balustres en bois tourné) et un chemin de croix en 1859. Décroché, mis à l'écart dans la sacristie, celui-ci en a récemment disparu. Tout comme les deux autels latéraux dont il ne subsiste qu'un seul, il était d'un style Saint-Sulpicien intéressant.

Le 2 juin 1881 fut bénie la cloche qui avait été refondue et portée à un poids de 533 kg par un fondeur d'Orléans. Son parrain Jean Saumon appartenait à une famille de notables d'Ecuras et sa marraine était Mademoiselle Marie-Agnès Ricard.

Enfin, au cours de cette dernière décennie, l'église a été l'objet de restaurations importantes et de qualité: toiture de tuiles canal entièrement refaite, dallages intérieurs reconstitués avec une fidèlité digne d'éloge, en ce qui concerne les deux bas-côtés, vitraux des petites fenêtres réparés.

Détruite par les hommes plus que par le temps, la vieille église d'Ecuras, toujours patiemment reconstruite, peut honorablement aborder son deuxième millénaire.

LE PRIEURE

  A droite de l'église, un grand portail de granit (17ème siècle) s'ouvre dans ce qui reste du mur d'enceinte du prieuré. Celui-ci était constitué du logis prieural fort important, en face et parallèle au flanc droit de l'église. Il fut rasé en novembre 1973.

Des bâtiments de servitude, situés immédiatement à droite en entrant dans la cour, ont été restaurés avec un goût certain. Ils se composent d'une porterie, d'une porcherie, d'un four et d'un puits, pouvant être datés approximativement du 17ème siècle, compte tenu des remaniements antérieurs et ultérieurs dont ils portent la marque.

En outre, deux énormes granges, dont l'une, donnant sur la route, a été considérablement remaniée et sert actuellement de grange communale et dont l'autre, encore dans l'état d'origine, demande des restaurations urgentes: Ce sont les deux granges à dîmes du prieuré qui encadraient le logis disparu.

Ce logis datait du 15ème siècle, incluant des éléments antérieurs et postérieurs. Nous ne pouvons malheureusement vous en présenter de photos, excepté celle qui représente sa toiture enserrée dans la masse de celles du village (voir page suivante). En effet, les films des clichés pris par Madame Fils lors de son travail ont été offerts par celle-ci à la Commission du Préinventaire de Poitiers et d'autre part, Monsieur Livert n'a pu retrouver ceux qu'il avait également pris à l'époque.

La façade du logis ouvrait de l'autre côté de l'enceinte prieurale, et le corps de bâtiment se composait de deux parties alignées sans autre discontinuité, si ce n'est qu'à droite, la charpente d'origine, partiellement dégarnie de ses tuiles plates,était à nu, et qu'à gauche, une élévation d'un second étage, lui-même surbaissé au 17ème siècle, présentait une toiture moins pentue, encore recouverte de tuiles canal. C'est cette partie que montre la photographie.

La façade était percée d'une porte centrale avec linteau et montants chanfreinés de granit et de grandes fenêtres à appuis moulurés qui n'avaient pas pour autant exclu la conservation de quelques fenêtres àmeneaux transversaux, étroites et hautes.

L'arrière du prieuré qui donnait sur l'enclos prieural et sur l'église était percé d'ouvertures plus archaïques, typiquement 14ème et 15ème siècle : fenêtres étroites à meneaux dont certains avaient conservé intérieurement les bancs de pierre latéraux typiques de tous les logis nobles de la fin du Moyen-Age.

L'entrée était carrée, de la largeur d'un monumental escalier de pierre qui montait d'une seule volée à l'étage des chambres hautes. Dans la commune, le logis de Fontaubière a conservé un escalier identique, (15ème siècle) mais moins monumental que ne l'était celui-ci.

De chaque côté de cet escalier, au rez-de-chaussée comme à 1' étage, s'ouvraient deux immenses salles, communiquant chacune avec une seconde salle moins impressionnante de par ses dimensions.

Dans chaque pièce, se trouvaient de superbes cheminées, de plus de deux mètres de large, et Madame Fils se souvient les avoir connues, des années avant son préinventaire, garnies d'épais bandeaux moulurés et, pour certaines d'entre elles, d'écussons martelés. Nous estimons que ces blasons ont pu être, pour certains, celui de Tizon d'Argence. Mais bien sûr, d'autres pouvaient avoir été ceux de prieurs dont nous ignorons le nom, au cours des 15ème et 16ème siècles. Ce nombre de cheminées (au moins six) est impressionnant pour un prieuré de cette région et de cette époque.

Les sols du rez-de-chaussée étaient encore pavés en nez-de-chat (petits galets) avec des motifs de rosaces et des restaurations du 18ème siècle avaient remplacé ceux-ci par des dallages de terre cuite semblables à celui des deux bas-côtés de l,église, (avant qu'ils ne fussent remplacés), notamment dans la partie gauche de l'édifice, la plus nettement marquée par les améliorations de Tizon d'Argence.

Les poutres de la plupart des salles étaient peintes à la française; la chose est certaine pour les deux salles desservies par l'escalier, au rez de chaussée comme à l'étage. Elle demeure imprécisée dans le préinventaire en ce qui concerne les autres pièces.

Outre ces huit pièces essentielles, il existait des réduits dont le nombre et la disposition manquent également au descriptif établi par Madame Fils.

Ce logis était remarquablement vaste et richement aménagé, surtout si on le compare à la plupart des prieurés-cures de la région et de l'époque. La cure, nous l'avons dit, était riche, et la présence de deux granges à dîmes aussi vastes attestent de l'importance de cette redevance.

Le prieuré, ses dépendances et ses terres devinrent biens nationaux et furent estimés à 2 288 livres, somme à peu près équivalente à celle de l'estimation de celui de Montbron. L'ensemble fut vendu àdiverses personnes.

De retour dans sa paroisse, l'abbé Peyraud réussit à le racheter avec une partie de ses dépendances le 26 floréal et le 15 fructidor An IV (15 mai et 1er septembre 17963. Le logis servit encore de maison d'habitation pendant plus de soixante ans à ses successeurs, puis, délabré, il fut abandonné.

On construisit alors le presbytère actuel en 1860. Abandonnée à son tour en 1975 par l'abbé Blois, cette jolie maison vient d'être restaurée avec goût par la commune.

Nous conclurons en souhaitant que cette petite étude puisse aider à conserver la mémoire du logis prieural d'Ecuras. C'était de loin le seul momument de la commune digne d'en être considéré comme le fleuron. De par sa richesse architecturale et historique, il laissait bien loin derrière lui toute autre demeure etlogis anciens, aussi charmants et intéressants puissent-ils être à ces deux égards.

J. Geninet

Bibliographie:
1) Pouillé du diocèse d'Angoulême, Abbé Nanglard
2) Les Eglises de la Charente, Jean George, 1933
3) Armorial d'Hozier, Généralité de Limoges, 1698
4) Archives Départementales d'Angoulême, notaires Mousnier et Caillaud
5) Extrait des Registres de la mairie d'Ecuras du 9 janvier 1791 -Archives personnelles Fils-Geninet
6) Préinventaire du Canton de Montbron, F. Fils-Dumas-Delage, 1973

 

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